Cet article a été inspiré par la lecture du livre de Francis Weller, « Au delà du chagrin ». Souvent jugé comme une défaillance, le chagrin mérite pourtant d’être accueilli. Il peut-être lié à un deuil, un traumatisme personnel ou collectif. Le chagrin lié à la perte des espèces animales disparues est digne d’être reconnu et concerne tout le monde.
Le sentiment de perte et de vide
La perte nous touche de nombreuses façons au cours de notre vie. Perdre quelqu’un est l’une de ses manifestations les plus douloureuses. Dans notre société, le chagrin lié à la perte est souvent refoulé, négligé ou minimisé. Or, le chagrin demeure, enfoui, et il peut rejaillir sous une autre forme, comme la maladie physique ou mentale.
Le chagrin nous permet de garder le lien avec les personnes que nous avons perdues, de nous souvenir de la façon dont elles ont touché notre vie. Quand nous évitons de reconnaître et de vivre ce chagrin, nous limitons notre expérience émotionnelle et nous vivons en superficie.
Certaines pertes nous affectent collectivement. Parmi elles, les disparitions de peuples humains et d’espèces animales, mais aussi de plantes ou de cours d’eau, s’accumulent dans notre conscience collective. Tourner la page, en finir avec le passé, les oublier, c’est oublier le rôle qu’ils ont joué, leur contribution au monde. Aller de l’avant en cultivant cet oubli, c’est rejeter ceux qui nous ont précédés, tous les êtres des générations antérieures qui ont contribué à la vie.
Quand nous ne sommes pas séparés du monde, nous en ressentons toutes les pertes qui s’y sont produites et celles qui sont en cours. Cela provoque en nous de la tristesse, de la colère ou de l’angoisse. Pourtant, il peut être essentiel de reconnaître ces pertes.
L’espèce humaine, sans jamais reculer, a installé sa société, conduite par le désir de confort et de sécurité. Elle a réorganisé le monde pour qu’il réponde à ses propres besoins. Ce faisant, elle a ignoré les autres formes de vie et les pertes causées par ce développement.
De nos jours, la tentation est de se détourner de la réalité désastreuse de notre monde pour se réfugier dans une bulle de confort et d’insensibilisation.
Quand nous ignorons comment les autres êtres vivants nous ont façonnés, leurs enseignements, nous ne sommes plus en contact avec la beauté et la richesse de l’altérité, de ceux qui sont différents de nous, ou bien elle nous dérange. Nous ignorons que les animaux ont contribué à notre formation, pas uniquement parce que nous les utilisons et les mangeons. Cet échange avec la nature et les autres formes de vie est réduit au silence pour la majorité des humains. Nous avons perdu le lien continu avec eux et ils ont disparu de notre attention et de notre imagination. Cette rupture crée un sentiment de vide.
En 2005, un journaliste et auteur américain a publié le résultat d’une longue enquête : Last Child in the woods (Le dernier enfant dans les bois). Richard Louv y développe ce concept de nature-deficit disorder, en français « syndrome de manque de nature ». Le syndrome de manque de nature est parti de nombreuses observations aboutissant à une hypothèse : en passant plus de temps en intérieur, loin de la nature, l’humanité s’expose à de nombreux problèmes physiques et mentaux. De nos jours, ce problème concerne surtout les pays les plus industrialisés et notamment les enfants.
Plus grave encore, sans doute, en oubliant son lien avec la nature sans laquelle elle ne peut exister, l’humanité entretient une vision du monde qui se rétrécit et se dessèche. David Abram, philosophe et écologiste, auteur du livre « Comment la terre s’est tue », écrit : « Nous sommes devenus une espèce unique qui ne se parle plus qu’à elle-même. »
La perte du lien originel
À l’origine, nous sommes nés avec un lien intime et perméable avec le monde sauvage. Le monde sauvage est notre matrice primitive. Nous étions immergés dans cette matrice et nous connaissions le monde et nous-mêmes à travers cette perception. La rupture de ce lien s’accompagne d’un vaste traumatisme : anxiété chronique, dissociation (ou dissonance), méfiance, hypervigilance (obsession de la sécurité), détachement. En même temps, nous sommes envahis par un sentiment de solitude et d’isolement que nous reconnaissons rarement. Comme le chagrin, nous pensons que c’est une défaillance. Nous avons normalisé cet état de rupture avec le monde du vivant comme normal. Pourtant, cette rupture affecte profondément notre façon de participer à notre environnement. Par exemple, nous tondons la pelouse et taillons les haies et les arbres au moment où les autres êtres ont le plus besoin de l’abri et de la profusion des végétaux. Nous accusons les animaux de détruire nos cultures, intensives et toxiques pour nous-mêmes. Nous dérégulons le monde animal et en subissons les conséquences. Mais là encore, nous le lui reprochons.
David Hinton, poète et écrivain américain, explore dans son œuvre les liens entre la conscience et le paysage. Cette exploration s’inspire des enseignements de la culture chinoise ancienne. Il désigne par « L’industrie implacable du moi » cette tendance humaine à défendre sa coquille, centrée sur sa vie quotidienne, aux dépens du sentiment de lien de parenté et donc de bienveillance, envers le monde extérieur.
Quand nous reconnaissons toutes ces pertes, nous pouvons éprouver un immense chagrin, car nous ressentons que notre âme les a perçues, chacune d’elles, sans qu’on en ait conscience. C’est le début d’une réconciliation possible.
La disparition culturelle

En même temps que le processus d’extinction, et parfois avant, peut se produire la disparition de ces espèces de notre mémoire et de notre attention collectives. Elles disparaissent de nos sociétés, de nos cultures et de nos discours. Ce phénomène est appelé extinction culturelle ou sociétale.
Dans un article publié récemment dans la revue Trends in Ecology & Evolution, un groupe international et interdisciplinaire de scientifiques a exploré ce phénomène. Ils ont découvert que cette extinction pour une espèce dépend de plusieurs facteurs, notamment, son charisme, sa valeur symbolique ou culturelle, la durée de son extinction, son aire de répartition ou sa proximité avec les humains. L’extinction sociétale se produit chez les espèces déjà éteintes, mais aussi chez celles encore existantes.
À mesure que de plus en plus d’espèces sont menacées, rares ou éteintes à l’état naturel, elles deviennent aussi isolées des humains. Cette perte progressive de nos interactions avec elles conduit à l’extinction de l’expérience que nous en avons. Au fil du temps, ces espèces disparaissent complètement de notre mémoire.
Au contraire, certaines espèces restent connues après leur disparition, deviennent même plus populaires, explique Ricardo Correia, chercheur à l’université d’Helsinki, un autre coauteur de l’étude. Cependant, notre conscience et la mémoire de ces espèces se transforment progressivement et deviennent souvent inexactes, simplifiées et dissociées de l’espèce réelle. On pense à l’ours polaire, par exemple.
Par ailleurs, d’autres espèces non charismatiques, petites ou inaccessibles, pour certaines non encore décrites par la science, n’ont pas de présence sociale. Leur déclin et leur disparition passent inaperçus.
« On dit qu’on meurt deux fois. La première fois quand on cesse de respirer, et la seconde, un peu plus tard, quand quelqu’un dit votre nom pour la dernière fois. » Cette citation, que certains attribuent à l’artiste Banksy, d’autres à l’écrivain américain Irvin Yalom, traduit ce triste phénomène. Les espèces éteintes et oubliées disparaissent deux fois.
Ceux que nous avons perdus
Voici une partie seulement des espèces animales éteintes depuis le début du 20e siècle. Les oiseaux et amphibiens sont les groupes les plus impactés.
Oiseaux
Dodo — officiellement disparu avant 1900, mais emblématique des extinctions causées par l’homme.
Pigeon migrateur — disparu en 1914. Il était autrefois l’un des oiseaux les plus abondants en Amérique du Nord. Victime d’une éradication rapide par les agriculteurs, car considéré à l’époque comme nuisible.

Perruche de Caroline — disparue vers 1918. Elle était l’unique perroquet natif des États-Unis. Le prélèvement de plumes et d’œufs, la destruction de son habitat, le commerce d’animaux de compagnie ont abouti à son éradication.
Grèbe de l’Atitlán — disparu en 1989. Il a été victime d’introduction d’espèces invasives.
Moineau des îles Stephens — disparition confirmée au début du 20e siècle. Souvent cité comme exemple de disparition lié aux chats introduits.
Mammifères
Tigre de Tasmanie — disparu en 1936. Aussi appelé thylacine, il a été exterminé par la chasse.
Couagga — déclaré éteint en 1883. Autrefois très répandu dans le Karoo sud-africain, un zèbre partiellement rayé, victime de la chasse et de l’expansion coloniale.
Rhinocéros noir de l’Ouest — déclaré éteint en 2011, à cause du braconnage intensif.
Dauphin de Chine — éteint depuis les années 2000 (on en a plus vu), victime de la pollution et du trafic fluvial.
Amphibiens
Crapaud doré — disparu vers 1989. Il est l’un des premiers cas liés au changement climatique.
Grenouille Gastrique Australienne — disparue dans les années 1980. Unique dans son mode de reproduction, elle incubait ses petits dans son estomac. Sa disparition serait due à un champignon pathogène et la modification de son environnement.
Poissons
Poisson-scie du Yangtsé — déclaré éteint en 2020. Il a été victime des barrages et de la surpêche.
Reptiles
Tortue de l’île Pinta — disparu en 2012. Le dernier individu, « Lonesome George », est mort cette année-là. Chassée jusqu’à l’extinction pour sa viande.
Insectes
Papillon Xerces — disparu vers 1940. Il est le premier insecte américain déclaré éteint à cause de l’urbanisation.
Voici une liste plus complète avec des exemples représentatifs, par continent. Il y en a en réalité beaucoup plus. On retrouve certains déjà cités. Les îles et l’Océanie sont les zones les plus touchées.
En Europe, on dénombre peu d’extinctions récentes strictes, mais beaucoup d’espèces sont désormais au bord de l’extinction.

Bouquetin des Pyrénées — disparu en 2000. La cause de sa disparition est la chasse.
Grand Pingouin — disparu au 19e siècle, lors de l’expansion de la pêche à la morue. Cette perte est emblématique en Europe.
Esturgeon européen — quasi disparu à l’état sauvage à cause de la surpêche et des barrages.
En Afrique, les extinctions concernent surtout les grands mammifères, sous pression humaine.
Rhinocéros noir de l’Ouest — déclaré éteint en 2011, à cause du braconnage.
Gazelle de la reine de Saba — probablement éteinte (années 2000). Elles ont été décimées lors de l’arrivée des véhicules tout terrain et des armes au Sahara et en Arabie.
Zèbre du Cap ou Couagga — disparu fin 19e, mais souvent inclu dans les extinctions modernes. Abondamment chassé par les premiers colons européens pour sa viande, sa peau, mais aussi parce qu’il était en concurrence avec le bétail pour les pâturages.

L’Asie combine une urbanisation rapide et une pression humaine intense.
Dauphin de Chine — éteint en raison de la pollution et du trafic fluvial.
Poisson-scie du Yangtsé — éteint en 2020. C’est le premier des très grands poissons d’eau douce à disparaître.
Tigre de Bali — disparu en 1937. La chasse et la déforestation ont conduit à son extinction complète. Sa disparition a marqué l’une des premières pertes enregistrées d’un grand prédateur en Indonésie.
Tigre de Java — disparu dans les années 1970. Il a subi la déforestation de son habitat au profit des rizières et de forêts de teck, de café et d’hévéa.
En Amérique du Nord, les espèces animales sont particulièrement touchées par la chasse industrielle et l’urbanisation.
Pigeon migrateur — disparu en 1914.
Perruche de Caroline — disparu en 1918.

Loup des Malouines — disparu (fin 19e et début 20e). Il était le seul mammifère terrestre indigène des îles Malouines. Il a disparu sous une pression multiple : chasse pour la fourrure, extermination par les colons qui le considéraient comme une menace pour les moutons, faible effectif sur un territoire insulaire limité et comportement très confiant envers l’homme.
Poisson Tecopa pupfish — disparu en 1981. Les modifications de son habitat, l’introduction d’espèces non indigènes et l’hybridation avec le cyprinodon, une espèce apparentée, ont conduit à son extinction.
L’Amérique du Sud est très concernée par l’extinction des amphibiens.
Crapaud doré — disparu vers 1989. Victime du réchauffement climatique.
Grèbe de l’Atitlán — disparu en 1989 (Guatemala, parfois rattaché à Amérique centrale), après l’introduction dans les eaux du lac de la perche truitée devenue son concurrent alimentaire.
L’Australie et l’Océanie
Tigre de Tasmanie — disparu en 1936. Chassé par l’homme, en concurrence avec les chiens errants et dispersé par la réduction de son habitat naturel sous l’effet de la déforestation.

Grenouille Gastrique Australienne — disparu dans les années 1980.
Chauve-souris de l’île Christmas — disparue en 2009. Il peut s’agir des effets combinés d’une prédation accrue par des espèces introduites, des ravages causés par la fourmi envahissante sur son habitat et sur ses proies principalement constituées d’invertébrées, ou peut-être d’une maladie inconnue.
Rat de Bramble Cay — disparu en 2016. Le premier mammifère officiellement disparu à cause du changement climatique.
Les îles concentrent une grande partie des extinctions, car les espèces insulaires sont extrêmement vulnérables en raison de leur isolement. Les territoires ultramarins concentrent les disparitions, car ce sont des îles (avec des écosystèmes fragiles), les espèces sont endémiques (elles n’existent nulle part ailleurs), l’introduction de prédateurs non gérée (rats, chats, chiens) a des conséquences graves. De plus, l’urbanisation provoque une destruction rapide des habitats.
Le Dodo (île Maurice), le Moineau des îles Stephens, le Solitaire de Rodrigues (18e siècle). Pour ce dernier, les marchands brûlaient la végétation, chassaient les solitaires et importaient des chats et des porcs qui s’attaquaient aux œufs et aux poussins.
En France métropolitaine, le bouquetin et l’esturgeon ont complètement disparu, d’autres espèces sont en fort déclin. En France Outre-mer, les extinctions sont plus nombreuses. Certaines espèces ne sont pas officiellement déclarées éteintes, mais probablement disparues localement ou en voie de l’être. De nombreuses espèces d’insectes et d’amphibiens sont en disparition silencieuse.
Grand hamster d’Alsace — quasi disparu en France. Il était autrefois abondant en Alsace. Mais en 1930, il était considéré comme nuisible et victime d’une éradication frénétique suite aux dommages causés aux cultures. Mais l’urbanisation et la mécanisation de l’agriculture, les pesticides s’ajoutent à cette éradication. Sa situation est critique.
L’Outarde canepetière — en fort déclin. Elle a disparu de huit régions françaises : Champagne-Ardennes, Alsace, Ile de France, Picardie, Bourgogne, Franche-Comté, Aquitaine et Midi-Pyrénées. Dans ces régions, l’habitat favorable n’existe plus en raison de la production agricole spécialisée en grandes cultures à destination alimentaire ou industrielle.
Île de La Réunion : les extinctions sont liées à la colonisation, à la chasse et la pêche, et à l’introduction d’espèces allochtones.
Ibis de La Réunion — disparu (avant 1900, mais emblématique).
Le Huppe de Bourbon — disparu au 19e siècle.
Île Maurice (ancien territoire français)
Le Dodo est devenu un cas emblématique mondial (même si extinction antérieure à 1900).
Aux Antilles, plusieurs reptiles et oiseaux locaux ont disparu ou n’ont pas été vus depuis des décennies.

Rat géant des Antilles — disparu début 20e siècle. C’était un rat endémique des Antilles, aujourd’hui éteint, probablement à cause des rats introduits par les Européens, des maladies et de la destruction des habitats.
En Polynésie française, il existe une très forte pression des rats, moustiques et maladies introduites.
Monarque de Tahiti — a frôlé l’extinction. Il en reste, mais leur situation est critique. En cause : la perte d’habitat de reproduction et de sources de nectar en raison de l’intensification de l’agriculture, l’utilisation d’insecticide et d’herbicides.
Le Rousserolle de Moorea — disparue vers 1980.
Les menaces sont multiples pour les espèces de la Polynésie. La flore souffre des plantes exotiques envahissantes telles que le miconia. Les rats, les chats, les chiens et parmi eux, les animaux domestiques qui sont retournés à l’état sauvage car abandonnés par leurs maîtres. En cause aussi : le surpâturage des chèvres, moutons, bovins ainsi que les cochons sauvages. L’urbanisation du littoral, des volailles qui font reculer les milieux naturels ainsi que les pratiques agricoles comme l’incendie de cocoteraies pour les entretenir. Enfin, la dernière cause identifiée est bien-sûr le changement climatique.
Nouvelle-Calédonie, plusieurs insectes et reptiles endémiques ont disparu.
Le Kagu n’est pas éteint, mais emblématique des espèces en danger. Il ne vole pas, aussi les chiens, les chats et les cochons sauvages le prennent en chasse. L’exploitation des mines de nickel a participé à la déforestation de certains sites de l’archipel, dont ses aires de vie.
Île Christmas (territoire australien, mais souvent étudié avec l’outre-mer français)
Chauve-souris de l’île Christmas — disparue en 2009.
Et bien d’autres encore.
Les causes de la disparition des espèces
Le CNRS estime un taux de 7 % des espèces vivant sur Terre actuellement en voie de disparition, ce qui est une estimation plus élevée que d’autres chiffres officiels, et alerte sur le fait que la disparition des invertébrés est très sous-estimée. Ces extinctions ont majoritairement une origine humaine. Elles menacent le fonctionnement des écosystèmes. Nous sommes dans une crise majeure de la biodiversité, car ce rythme d’extinction est élevé. De plus, la disparition de ces espèces a un impact écologique (déséquilibre des écosystèmes) et culturel (disparition du lien humain avec le vivant). L’accélération de ces extinctions est sans précédent.
En France, les travaux sont menés par le CNRS, l’INRAE et le MNHN (musée national d’histoire naturelle), les organisations gouvernementales, les universités et académies scientifiques, les collectifs scientifiques, mais aussi les mathématiciens.
Ils sont unanimes : les humains sont la cause de cette disparition des espèces.
Les esprits de la Terre
Pensons à eux, honorons les, prions pour eux. Chacun peut trouver sa façon de les faire vivre dans sa mémoire. En retenir un, ou plusieurs, et le découvrir ou le redécouvrir. Retrouvons des images d’eux, des articles sur eux. Ils ont été des habitants et des protagonistes de notre monde, et comme disent les autochtones d’Amérique, des esprits de cette terre.

Références
Au-delà du chagrin, Francis Weller, traduit par l’éditeur Guy Trédaniel, Le courrier du livre, 2026.
https://www.oiseaux.net/oiseaux/vautour.chassefiente.html
Ressources et images Wikipédia et ChatGPT.