Une espèce menacée : « celui qui est à l’ombre de sa queue », l’écureuil roux

Un écureuil roux aux oreilles touffues et au ventre blanc s'accroche à un tronc d'arbre, regardant directement l'appareil photo sur un fond naturel flou.

Le récit « Mon ami l’écureuil » paru en 1957, extrait des « Routes de l’aventure » par l’écrivain académicien Maurice Genevoix, est de nos jours classé dans la littérature jeunesse. Ce récit d’une rencontre réelle et exceptionnelle avec un écureuil évoque aussi l’expérience d’une communication émouvante et émerveillée avec l’animal. Elle est racontée dans un style à la fois réaliste et sensible.

L’histoire

Écureuil roux

Maurice Genevoix se promène avec sa fille Sylvie âgée de dix ans dans le bois près de chez lui. Un jeune écureuil sort des fougères, s’approche jusqu’à ses pieds, le regarde un instant, puis trottine devant lui. Maurice joue à tourner autour d’un vieux pin et l’écureuil fait de même autour du tronc. Il arrive à le toucher, puis à l’attraper dans sa paume et le caresser. L’écureuil n’a pas peur et grogne doucement. Maurice et Sylvie s’assoient au pied de l’arbre. L’écureuil se niche dans le manteau de la petite fille posé sur ses genoux et s’endort en boule. Ils le regardent dormir pendant longtemps. Ils doivent rentrer chez eux, aussi Maurice saisit l’écureuil et le dépose sur la fourche du pin. Alors qu’ils prennent le chemin du retour, l’écureuil court derrière eux. Maurice a peur de l’entraîner trop loin, mais l’animal les suit jusqu’à leur portillon. Il l’emporte dans la maison et lui donne des noix et du lait que l’écureuil mange et boit goulûment. Sylvie en pleurs voudrait le garder, mais son père pense qu’il est en danger, car ils ont des chats et un chien, et leur voisin est chasseur. Il ne conçoit pas de le mettre en cage. À la nuit tombante, avec tristesse, il le rapporte dans le bois. Pendant le trajet, il ne le tient pas, car l’écureuil se déplace sur lui comme sur un arbre. Puis, il s’installe dans sa poche intérieure et s’endort. Maurice l’en retire avec précaution pour le déposer contre l’écorce du pin. Il attend un long moment, l’écoute remuer, puis s’en va. Le lendemain, il revient sous les pins espérant revoir l’écureuil et s’en faire un ami. Mais celui-ci ne réapparaît pas.

Qu’est-ce que cela a changé ?

Maurice Genevoix dit de cette rencontre qu’elle a changé beaucoup de choses dans sa vie. Les mouvements de l’écureuil dans l’arbre les unissent l’un et l’autre à la nature. Il a le sentiment que l’animal accepte sa présence, aussi il peut aller vers lui. Il est touché et fier, car il se sent élu. Il est ému de pouvoir le toucher. Il a l’impression que l’écureuil lui parle. Il ressent un envoûtement. Devoir se séparer de lui l’attriste, mais il s’inquiète pour sa sécurité. Et il comprend qu’il commence à aimer le petit animal. Il est persuadé que cet écureuil est bien sauvage et non domestiqué étant donné son comportement libre. La façon dont il mange en faisant des projections l’amuse beaucoup. Il se souviendra toujours des sensations de l’écureuil s’agrippant à lui et se promenant sur lui.

Maurice Genevoix par Studio Harcourt

Maurice Genevoix connaît bien la forêt. Il a effectué de longues marches dans les forêts d’Amérique du Nord. Dans ces lieux, il a observé des animaux sauvages. Il a rencontré d’anciens chasseurs reconvertis dans la protection animale ou des trappeurs qui vivent dans la nature et choisissent de ne prélever que le nécessaire vital, tels que Grey Owl. Il écrit que nous devrions « délivrer les bêtes de la méfiance terrifiée que leur impose notre espèce et […] faire naître au cœur des hommes, devant leur confiance revenue, un émerveillement pur et neuf ».

On dirait bien que c’est qu’il a vécu avec cet écureuil.

Qui est ce petit animal qui envoûte les passants ?

L’écureuil peut garder son équilibre en toute circonstance grâce à sa longue queue. On dit de lui que c’est un esprit de la forêt, car il vit dans les arbres où il grimpe et virevolte avec rapidité et grâce. À ceux qui le voient, il apporte de la gaieté. Il monte et descend à toute vitesse le long des troncs, la tête en avant. C’est un des rares animaux qui peut descendre ainsi la tête en bas. Cette agilité fait de lui un animal qui représente la souplesse, ainsi que l’équilibre. Il stocke des aliments pour l’hiver, et il est devenu aussi l’image de l’économie. Dans cette capacité, l’être humain a vu un enseignement à conserver son énergie, à épargner les biens pour une utilisation ultérieure et à réserver son jugement ou son opinion.

Portrait de l’écureuil roux

L’écureuil est un animal populaire, qui bénéficie d’une bonne image auprès de l’être humain. Il peut être roux, brun, gris, ou encore noir. La couleur de son pelage ne dépend pas seulement de l’espèce. Elle varie en fonction des saisons, plus épaisse et foncée en hiver, plus légère et claire en été. L’altitude pourrait en faire changer la teinte.

L’écureuil roux est un mammifère arboricole (il vit principalement dans les arbres), aussi sa présence est liée aux parcs, bois et forêts. On le trouve également dans les régions bocagères. En montagne, il peut vivre à 2 000 mètres d’altitude. Il est doué pour l’escalade grâce à son corps léger et élancé. Ses oreilles équipées de touffes de poils, appelées pinceaux de poils, sont caractéristiques. Ces poils s’allongent en hiver et lui donne une drôle d’apparence.

Écureuil à l’ombre de sa queue

Il est doté de longs doigts préhensiles et de griffes acérées avec lesquelles il s’accroche aux arbres et saisit les graines et les fruits. Ses pattes arrière longues et musclées lui permettent d’exécuter des sauts remarquables. Sa queue touffue plus longue que son corps lui sert de balancier lorsqu’il est perché et lui permet de sauter de branche en branche. L’hiver, elle lui apporte de la chaleur, l’été, elle le protège du soleil. De là vient son nom scientifique « sciuridae » qui veut dire « queue ombreuse ». En effet, le latin « scuriolus » est dérivé du grec « skiouros », de « skia » pour ombre et « ourà » pour queue. La traduction littérale est « celui qui est à l’ombre de sa queue ».

Espèces

Trois espèces d’écureuils sont présentes en France : l’Écureuil roux d’Europe et deux espèces introduites, l’Écureuil de Corée (ou Tamia de Sibérie) et l’Écureuil de Pallas (ou à ventre rouge). Une quatrième espèce, le Funambule à cinq raies claires, a été introduite en Guadeloupe. En France continentale, l’espèce la plus connue est l’écureuil d’Eurasie ou écureuil roux (Sciurus vulgaris). Son pelage est roux, son ventre blanc et ses pattes arrière sont plus longues que celles de devant.

La plupart des autres espèces vivent sur le sol américain. Cependant, les écureuils gris (Sciurus carolinensis) sont considérés dans le monde en tant qu’espèce invasive faisant reculer les espèces indigènes. L’écureuil de Corée au pelage rayé est lui aussi considéré comme une espèce exotique envahissante et interdit à la vente depuis 2016.

La majorité des espèces d’écureuils sont sauvages. Quelques-uns sont connus comme animaux de compagnie, tel que l’écureuil multicolore d’Amérique centrale (Sciurus variegatoides).

Ils ont tous en commun leur habitat : les espaces boisés.

Reproduction 

L’écureuil roux est un animal solitaire, excepté durant la période de reproduction. Son organisation sociale est fondée sur une hiérarchie de dominance entre mâles et femelles et entre individus de même sexe. Les dominants sont généralement les plus vieux et plus gros.

L’écureuil est une espèce nidicole, c’est à dire qui vit dans un nid qu’il fabrique lui-même. L’écureuil roux construit généralement plusieurs nids sphériques qu’il occupe à tour de rôle (pour tromper les prédateurs). Ces nids sont composés de rameaux, de branchettes, de mousses et de feuilles sèches. Le nid est en forme de boule, placé haut dans la fourche du tronc d’un arbre (entre 5 et 15 mètres) de telle sorte qu’il est à l’abri des prédateurs. Il se repose la nuit dans ce nid et parfois dans une cavité de l’arbre. Ce nid est appelé « hote ».

La reproduction a lieu de décembre à juillet. Les mâles se poursuivent d’arbre en arbre. Le plus fort aura souvent seul la possibilité de s’accoupler avec une femelle. Cela fait, il s’éloigne et elle élève seule les petits. La gestation dure cinq à six semaines. L’écureuille met bas dans le nid. Elle a une portée annuelle, rarement deux, composée de trois petits en moyenne (deux à cinq). Les petits naissent nus et aveugles. Ils sont allaités pendant une dizaine de semaines et quittent le nid au bout de huit semaines. La mère veille sur eux pendant quelque temps, prenant soin de les mettre à l’abri à la moindre alerte en les prenant dans sa gueule. Les juvéniles deviennent adultes à un an.

Alimentation

L’écureuil est un rongeur

L’écureuil roux consacre l’essentiel de son activité à rechercher de la nourriture : graines de conifères, faînes et noisettes, glands (peu en réalité, car il les digère mal), noix, champignons, et en été, des fleurs, fruits et baies. Lorsqu’il n’a pas le choix, il peut consommer des insectes et escargots. À la saison des nids, il lui arrive de prélever les œufs et les oisillons qu’il trouve sur son passage. À la fin de l’hiver, il arrache l’écorce des jeunes pousses et coupe les bourgeons.

L’écureuil réduit son activité en hiver, mais contrairement à ce qu’on pense souvent, il n’hiberne pas. Il s’agit d’hivernation. En prévision d’éventuelles disettes, il constitue des réserves qu’il entasse dans un arbre creux ou qu’il enfouit dans le sol, notamment les graines de pin et d’épicéa qui restent longtemps dans les cônes. Certains stocks de fruits non utilisés ou non retrouvés participent à la régénération forestière.

Menaces sur l’espèce

Dans le meilleur des cas, l’écureuil vit huit ans environ, mais il est exposé à de grands dangers. Cette menace est multiple. L’écureuil roux a failli disparaître au 20e siècle parce qu’il était chassé pour sa fourrure (appelée aussi « vair ») très prisée par les gens de classe sociale élevée, et par ailleurs, signe distinctif de la magistrature. Les chasseurs lui reprochaient de détruire les nids d’oiseaux. Il est désormais protégé. Mais les menaces sont toujours importantes.

Collisions et territoire fragmenté

Les collisions avec les véhicules constituent une menace majeure pour les écureuils roux. En général, les jeunes écureuils sont davantage victimes des accidents de la route. Ils doivent quitter le territoire de leur mère pour s’en trouver un. Lors de cette émigration, ils sont amenés à traverser, ignorant que leur vie est en danger. Ce danger réside surtout dans les espaces boisés fragmentés, car ils sont obligés de traverser les routes pour passer d’un bosquet à un autre. Des solutions simples ou innovantes sont possibles pour préserver l’écureuil roux. Les passerelles naturelles comme des troncs d’arbres ou des cordes tendues entre les arbres (écuroduc) peuvent être installées pour leur offrir des voies de déplacement alternatives et sécurisées. Cela contribue à relier les fragments d’habitat et favoriser une dispersion sécurisée. Les corridors écologiques sont des zones de connexion entre les habitats qui permettent aux animaux de se déplacer en toute sécurité. En préservant et en créant des corridors écologiques pour les animaux sauvages, on favorise le déplacement des écureuils par-delà les routes et les infrastructures humaines. Il est essentiel également de protéger et de préserver leur habitat naturel en promouvant la création de réserves naturelles et en établissant des aires protégées.

Des mesures telles que l’installation de panneaux de signalisation ou la limitation de la vitesse dans les zones à forte présence d’écureuils peuvent concourir également à réduire les risques de collisions.

Élagage intensif et destruction de l’habitat

Une autre menace est la destruction de l’habitat naturel de l’écureuil roux liée à la déforestation, ainsi qu’à l’élagage intensif des arbres en milieu urbain ou dans les parcelles de forêt exploitées. L’élagage excessif et la suppression des arbres morts creux réduisent les lieux de nidification, les zones de repos des écureuils et compromettent leur survie. Il est important de pratiquer un élagage responsable et respectueux de la faune. Cela implique de programmer les travaux en dehors de la saison de reproduction des écureuils, d’éviter de détruire leurs nids et de préserver les arbres morts ou creux qui peuvent servir de sites de nidification.

La destruction de leur habitat entraîne la disparition des ressources alimentaires naturelles et cause des périodes de disette. La famine peut être un problème majeur pour les écureuils roux en hiver. Ces phénomènes mettent en danger leur survie et leur reproduction. Le nourrissage hivernal peut être mis en place de manière responsable pour les aider à surmonter les périodes de pénurie alimentaire. Il est important alors de leur fournir une alimentation adaptée à leur régime alimentaire naturel, seulement en période hivernale afin d’éviter la surpopulation et de prévenir la propagation de maladies.

Prédation par des espèces exotiques

Il faut savoir que la prédation des animaux domestiques, en particulier les chats libres ou laissés en liberté par leurs propriétaires, est une cause importante de mortalité chez les écureuils. Par ailleurs, l’éviction de l’écureuil roux par son congénère gris plus grand et plus robuste est de plus en plus effective. 

Écureuil gris d’Amérique

Implanté en Italie, l’écureuil gris d’Amérique se rapproche quant à lui de la frontière franco-italienne. Il a été introduit dans plusieurs pays (Angleterre, Ecosse, Irlande, Afrique du Sud, Italie…) à partir de la fin du XIXe siècle où il a progressivement remplacé l’écureuil européen. Son expansion rapide pose de sérieux problèmes environnementaux. En outre, l’écureuil gris est porteur de la variole dont il est immunisé, mais qui est mortelle pour les autres espèces. Encore absent de France, il pourrait arriver par l’Italie du Nord où son expansion est rapide. Si vous apercevez cet écureuil, contactez les associations de protection de la faune sauvage.

Perruche à collier

La perruche à collier colonise les bois d’Ile-de-France et de Seine-et-Marne. Cet oiseau considéré comme une espèce exotique envahissante est un véritable danger pour les écureuils. Les femelles attaquent et tuent les écureuils pour s’approprier le nid et la nourriture dans les mangeoires. Les relâchés non responsables effectués par les détenteurs sont à l’origine de cette colonisation. Ce n’est pas la seule cause : en Île-de-France où les perruches à collier prolifèrent depuis 1970, un couple s’était échappé d’un container à Orly. La présence de parcs dans les villes favorise leur installation, d’autant plus que les passants s’adonnent volontiers à leur nourrissage. En effet, la perruche à collier s’adapte très vite à de nouveaux environnements : son bec imposant lui permet de se nourrir aisément de graines et de fruits, parfois au détriment d’autres espèces de passereaux. En outre, ces oiseaux sont sédentaires. Leur résistance au froid leur permet de rester sur le territoire toute l’année. Elles sont forcément entrées en compétition avec les autres oiseaux cavicoles (qui font leur nid dans les creux d’arbre). La France n’est pas le seul pays colonisé. On en dénombre par dizaine de milliers à Londres et à Bruxelles. En dehors du tir et de l’effarouchement qui restent des méthodes brutales pour résoudre un problème créé par les humains, il existe un geste fondamental : ne pas nourrir la faune sauvage ou utiliser des mangeoires inaccessibles aux espèces invasives. Ces actions simples peuvent aider à la réduction des populations, notamment en milieux urbains. En effet, lorsque la nourriture vient à manquer, les espèces sauvages se reproduisent moins.

Un animal sympathique à protéger de la meilleure façon

Il s’avère que la survie de l’écureuil roux dépend d’actions croisées entre les autorités locales, les organisations de protection de la faune et les citoyens dans leur ensemble.

Des histoires liant une personne et un écureuil roux à la suite d’un sauvetage ne sont pas rares. Une fois guéri et relâché, l’écureuil revient et attend l’humain qui lui a sauvé la vie. Parfois, l’écureuil devient familier avec lui. Nous savons cependant qu’il est préférable d’éviter cette familiarité pour le bien de l’animal. Comme beaucoup d’animaux des parcs, au contact des humains qui leur donnent à manger, ils deviennent moins vigilants.

Domestiqué, l’écureuil ne vit plus dans son milieu naturel et peut-être mis en danger d’une autre façon. Sa captivité et sa détention sont interdites par la loi depuis 2010. De même, il est interdit de détenir un jeune écureuil tombé d’un nid ou abandonné. Il doit être confié au plus vite à un centre de soin habilité à recevoir cette espèce. Tous les Sciuridés (écureuils, chiens de prairies, marmottes, spermophiles, etc.) sont interdits à la vente dans les animaleries depuis 2010, y compris l’écureuil de Corée qui faisait exception jusqu’en 2016. Ces mesures ont été prises par nécessité de survie des espèces autochtones, notamment celle de l’écureuil roux. Il faut savoir que l’écureuil gris peut devenir agressif et des cas fréquents de morsures et de griffures ont été signalés à New York par exemple où il est en surnombre. Si l’écureuil gris arrivait chez nous, il pourrait supplanter l’écureuil roux.

Les écureuils attirent les gens, car ils rendent l’instant de la rencontre joyeux et lumineux. Dans les parcs, lorsqu’ils arrivent en sautillant, les promeneurs sont enchantés. Ils déclenchent le sourire et apportent du bonheur. Protégeons notre petit ami roux, laissons-le garder sa place dans notre monde. Sa préservation nécessite de comprendre les enjeux qui le concernent et de mettre en place des solutions adaptées pour préserver son habitat, faciliter ses déplacements et assurer sa survie en période de disette alimentaire.

Informer et sensibiliser le public sur l’importance de préserver l’écureuil roux et son habitat est crucial de nos jours. Les associations de protection de la faune sauvage et parmi elles des associations dédiées à l’écureuil roux s’impliquent dans cet enjeu.

Bibliographie :

Mon ami l’écureuil, Maurice Genevoix, Hachette jeunesse.

Le jardin des oiseaux, un regard antispéciste sur le vivant, Jean-Louis Levisa, La maison Hachette pratique, 2023.

Les écureuils en France, https://ecureuils.mnhn.fr/

Association l’Écureuil roux, https://www.ecureuil-roux.org/

Le magazine Zooplus, https://www.zooplus.fr/magazine/rongeur-co/guide-des-especes-de-rongeurs/ecureuil

Photo Pixabay, par Siegfried Poepperl, Martin et Jbouba.

Photo de l’écureuil gris par G. Le Coeur, sur Les Écureuils en France, ecureuils.mnhn.fr